Ubud quand tu voyages seule

Ubud est l'endroit de Bali où être seule passe le plus inaperçu : le bourg vit du yoga, des retraites et du travail à distance, et une femme qui déjeune seule avec un carnet fait partie du décor.

Le centre se fait à pied — rare à Bali, et ça change tout sans scooter. En échange, la rue principale est un embouteillage permanent, tout ferme tôt, et les rues sont mal éclairées dès qu'on quitte l'axe touristique.

C'est une base idéale pour arriver en Indonésie, pas pour faire la fête.

✓ Vérifié le 26/07/2026

Où dormir quand tu es seule

Centre (Monkey Forest Road, Hanoman, Dewi Sita)

Premier séjour, sans scooter, envie de tout faire à pied

À cinq minutes à pied des cafés, du marché, du yoga et des restaurants : c'est le seul secteur d'Ubud où tu sors dîner et rentres sans dépendre de personne. Les quartiers et homestays dont je parle sont épinglés dans la map Ubud, catégorie 🏠 — une présence familiale qui rassure quand on arrive seule.

⚠ C'est bruyant : scooters jusque tard, coqs dès 5 h, et parfois de la musique — demande une chambre côté cour.

Penestanan

Séjour d'une semaine ou plus, travail à distance, envie de calme

Perché au-dessus du centre, c'est le quartier des séjours longs : ambiance yoga et travail, cafés à tables communes où l'on parle facilement à ses voisines, vrai silence la nuit. Le centre se rejoint à pied en 20-25 minutes, ou en Gojek.

⚠ L'accès se fait par de longs escaliers ou des ruelles étroites : lourde valise à roulettes et rentrée de nuit sans lampe, c'est pénible.

Nyuh Kuning

Celles qui veulent du calme sans se couper de tout

Un village juste au sud de la forêt des singes — ruelles, temples, ateliers de sculpture — dans une ambiance de vraie vie balinaise plutôt que de rue commerçante. Le centre est à 15 minutes à pied en traversant la forêt.

⚠ Le passage par la forêt des singes est payant et ferme en fin de journée : le soir, il faut contourner.

Sanggingan et Campuhan

Vue sur la vallée, budget intermédiaire, marche matinale

L'axe qui monte au nord-ouest surplombe la rivière et donne accès direct à la crête de Campuhan, la balade la plus agréable d'Ubud au lever du soleil. Bon compromis entre calme et proximité du centre.

⚠ La route est étroite, sans trottoir et très passante : marcher le long en pleine journée n'est pas agréable.

Sayan et Kedewatan

Séjour bien-être, budget confortable, on ne compte pas les trajets

La vallée de l'Ayung, des hôtels perchés au-dessus de la rivière, un silence total : on y va pour se poser, nager et ne rien faire. Presque tous les hébergements organisent des navettes vers le centre.

⚠ Tu dépends complètement d'une voiture pour tout : compte 15 à 20 minutes de trajet et un budget transport quotidien.

Manger seule sans être mal à l'aise

C'est probablement l'endroit de Bali où c'est le plus simple. La culture de café d'Ubud est installée depuis quinze ans : comptoirs, grandes tables partagées, banquettes — et les tables communes sont parfaites pour discuter avec d'autres voyageuses, ou ne parler à personne, ce qui est tout aussi accepté.

Le meilleur rapport goût-prix, ce sont les warungs, petits restaurants familiaux : un nasi campur (riz + accompagnements que tu choisis) coûte 2 à 4 € et se mange en dix minutes. Mes comptoirs et cafés sont dans la map Ubud, catégorie 🍽 — ce genre d'adresse ne se trouve pas en première page Google.

Le soir, Ubud dîne tôt : à 21 h beaucoup de cuisines ferment, à 22 h le centre est calme. Vise 19 h, et demande « not spicy » si tu ne supportes pas le piment — sinon le sambal arrive d'office.

Ubud, directement dans ton Google Maps

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Rentrer le soir

Ubud n'a aucun transport public : le soir, c'est marche, Grab/Gojek ou chauffeur privé. Les applis affichent le prix avant la course — compte 1 à 3 € dans Ubud et ses alentours proches, en moto-taxi ou en voiture.

Point spécifique : certaines rues interdisent aux applications de charger sur place, avec des panneaux explicites. Ce n'est pas dirigé contre toi — marche deux ou trois minutes jusqu'à une rue autorisée, ou prends le chauffeur du coin, un peu plus cher mais honnête.

Ce qui rend le retour désagréable, ce n'est pas l'insécurité — Ubud est tranquille — c'est l'infrastructure : pas de trottoir continu, caniveaux ouverts et profonds, éclairage quasi inexistant hors des artères. Marche avec la lampe de ton téléphone allumée, sérieusement — et garde pharmacies et cliniques de garde épinglées autour de toi, catégorie 🛡 de ma map : c'est le genre d'adresse qu'on cherche toujours au mauvais moment.

Le centre est vide dès 22 h 30 : si tu cherches une ville de sortie nocturne, ce n'est pas ici.

Où s'asseoir des heures

Ubud est faite pour ça : cafés de spécialité du centre et de Penestanan (prises, wifi correct, personne pour te presser), coworkings à 10-15 € la journée avec cabines pour les visios, cafés-jardins des studios de yoga pour une matinée entière avec un carnet.

La règle sociale : une boisson à l'arrivée, une deuxième au bout de deux heures.

Seule réserve : connexion inégale et coupures d'électricité en saison des pluies — pour un rendez-vous qui compte, prends un coworking et garde ton partage de connexion en secours.

Trois jours en solo

1

Le centre à pied, et rien d'autre

Commence par la crête de Campuhan avant 7 h : c'est plat, sécurisant, et tu croiseras surtout des locaux qui courent. Redescends par le marché d'Ubud, authentique au petit matin, à touristes après 9 h. L'après-midi : le palais, les temples du centre, puis yoga ou massage — le tout sans transport.

2

Les rizières, mais pas celles de tout le monde

Tegallalang est à vingt minutes mais c'est devenu un enchaînement de balançoires payantes et de points de vue à péage — si tu y vas, sois là à 7 h. L'alternative honnête : les rizières de Jatiluwih, plus loin (1 h 30) mais infiniment plus calmes, ou les sentiers gratuits juste au nord d'Ubud, à pied depuis le centre. Un chauffeur à la journée coûte 40 à 60 € et se partage facilement.

3

Eau, temples, ou apprendre quelque chose

Soit les temples de l'eau au nord — la source sacrée de Tirta Empul, où l'on peut participer au rituel de purification en sarong (renseigne-toi sur le protocole avant, ce n'est pas une attraction). Soit tu restes à Ubud pour un cours : cuisine balinaise, batik, sculpture sur bois à Mas. Les cours de cuisine sont parfaits en solo : une demi-journée, un petit groupe, de quoi discuter le soir.

Les pièges

  • La forêt des singes : les macaques volent lunettes, téléphones et bouteilles, et ils mordent — la rage circule à Bali. Rien de brillant à la main, rien qui pende, et surtout on ne les nourrit pas.
  • Les balançoires de Tegallalang : chaque point de vue est un péage séparé, on paie trois ou quatre fois pour la même rizière, et les photos sont facturées en supplément. Le rapport plaisir-prix est mauvais.
  • Le chauffeur qui propose « une journée pas chère » et ajoute des arrêts non demandés dans des boutiques de café luwak ou d'artisanat où il touche une commission. Fixe l'itinéraire et le prix par écrit avant de monter.
  • Le café luwak vendu comme expérience : c'est cher, et la version touristique repose souvent sur des civettes en cage. Si l'animal est visible dans une petite cage, tu as ta réponse.
  • Les cours et retraites de yoga au tarif européen dans le centre : la qualité n'est pas proportionnelle au prix, et les studios de quartier facturent trois fois moins pour des professeurs aussi bons.
  • Louer un scooter sans permis international mention moto parce que « tout le monde le fait » : les routes autour d'Ubud sont étroites, glissantes après la pluie, pleines de camions — et en cas de chute, l'assurance peut tout refuser. Le sujet scooter est détaillé dans mon guide Indonésie.

Pratique

Consigne à bagages

Pas de gare ni de consigne publique à Ubud : ton homestay ou ton hôtel garde ton sac après le check-out, gratuitement, c'est systématiquement accepté. Demande-le simplement la veille.

Pharmacie et soins

Les pharmacies du centre ferment vers 21-22 h ; la nuit, deux cliniques privées d'Ubud assurent une garde 24 h et parlent anglais. Pour tout ce qui est sérieux (fracture, morsure d'animal, accident de scooter), on file sur Denpasar, à une heure de route — garde le numéro de ton assurance hors ligne.

Argent et cartes

Distributeurs nombreux sur Monkey Forest Road et Jalan Raya — privilégie ceux dans une agence bancaire ou un magasin plutôt qu'une guérite isolée. Beaucoup de warungs ne prennent que le cash ; les cafés et restaurants du centre acceptent la carte avec 2-3 % de frais.

Se déplacer sans scooter

C'est tout à fait possible, et c'est le principal argument d'Ubud : le centre à pied, Gojek en moto-taxi à moins de 2 € le trajet, un chauffeur à la journée pour les excursions. Beaucoup de voyageuses passent une semaine ici sans jamais toucher un scooter.

Tenue et temples

Sarong et écharpe de taille sont obligatoires pour entrer dans les temples ; ils sont prêtés ou loués à l'entrée pour une somme symbolique. En avoir un à soi dans le sac évite la file et sert aussi de paréo, de serviette et de couverture dans les voitures climatisées.

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