Voyager seule au Vietnam
Le Vietnam est une des destinations d'Asie où l'on devient vite autonome quand on voyage seule. Le pays est long mais bien organisé : trains de nuit, vols intérieurs bon marché, hébergement partout. Une femme seule au restaurant ou dans un bus ne surprend personne, et on ne te commente pas dans la rue. Ce qui fatigue, c'est l'intensité — la circulation, le bruit, les sollicitations permanentes dans les quartiers touristiques. Le vrai sujet ici n'est pas le danger physique, c'est l'arnaque : le prix qui double parce que tu es seule et étrangère, le faux tour vendu dans la rue, le compteur trafiqué. Une fois que tu as trois ou quatre réflexes, le Vietnam devient très confortable.
✓ Vérifié le 26/07/2026
Visa et durée de séjour
France
Exemption valable quel que soit le type de passeport ET le motif du séjour, du 15 mars 2025 au 14 mars 2028 (résolution 44/NQ-CP). Les 45 jours comptent le jour d'entrée et le jour de sortie, et ne sont ni prorogeables ni renouvelables sur place. source
Belgique
La Belgique a été ajoutée plus tard que la France, par la résolution 229/NQ-CP : exemption du 15 août 2025 au 14 août 2028, et limitée au tourisme. Pour tout autre motif de voyage, ou au-delà de 45 jours, il faut un visa ou un e-visa demandé avant le départ. source
Suisse
Même régime que la Belgique (résolution 229/NQ-CP, 15 août 2025 au 14 août 2028), et donc plus restreint que celui des Françaises : tourisme seulement. La condition d'être inscrite sur un circuit organisé qui existait dans le dispositif suisse temporaire de 2025 n'apparaît plus dans le texte d'août 2025, mais fais confirmer par l'ambassade si tu voyages en indépendante et que tu veux la certitude. source
Canada
Le Canada ne figure sur aucune des deux listes d'exemption : pas d'entrée sans visa, même pour trois jours. Compte 3 à 5 jours ouvrés de traitement et passe uniquement par le site officiel du gouvernement vietnamien — les sites intermédiaires facturent trois à cinq fois le prix pour le même document. source
Ton passeport
Passeport valable au moins six mois à la date d'entrée au Vietnam, et deux pages vierges pour les tampons. C'est la compagnie aérienne qui applique la règle au comptoir d'embarquement, souvent plus strictement que la police des frontières : s'il expire dans cinq mois, tu ne montes pas dans l'avion et personne ne discutera. Ce qui bloque aussi : un passeport abîmé (couverture décollée, page déchirée, passage en machine à laver) et, pour un e-visa, un numéro de passeport mal saisi — l'e-visa devient invalide, non remboursable, et il faut tout recommencer. Relis deux fois avant de valider. Enfin, depuis le 15 avril 2026 le Vietnam a mis en place une déclaration d'arrivée en ligne sur prearrival.immigration.gov.vn, à remplir dans les jours qui précèdent le vol : tu reçois un QR code à présenter à l'immigration. Le dispositif a démarré à Hô Chi Minh-Ville et se déploie progressivement aux autres points d'entrée — remplis-la de toute façon, c'est gratuit et ça t'évite la file.
Voyager seule ici, concrètement
Le Vietnam est un pays où l'on se sent physiquement en sécurité et où l'on se fait beaucoup arnaquer. Il faut tenir les deux bouts, sans les confondre. Ce qui est facile : marcher seule en ville, y compris le soir dans les rues animées ; manger seule sans que personne ne lève un sourcil ; dormir en dortoir ou en petit hôtel familial ; prendre un train de nuit. Le harcèlement de rue au sens où on l'entend en Europe est rare — on ne te commente pas physiquement, on ne te suit pas. Qu'une femme voyage seule n'étonne personne. Ce qui l'est moins : le vol à l'arraché à moto. Le ministère français des Affaires étrangères le signale explicitement dans les quartiers touristiques — à Hanoï autour du lac Hoan Kiem et du vieux quartier des 36 rues, à Hô Chi Minh-Ville dans Dong Khoi, Nguyen Hue, Le Loi et Pham Ngu Lao. Un réflexe supprime l'essentiel du risque : sac en bandoulière croisée, du côté opposé à la chaussée, et jamais de téléphone tenu à bout de bras au bord du trottoir pour lire une carte — recule de deux mètres, adosse-toi à un mur. Ajoute les classiques : prix qui triple parce que tu es seule et étrangère, faux tours vendus dans la rue, alcool frelaté dans les bars très bon marché (le Quai d'Orsay alerte sur des millions de litres produits hors de tout contrôle sanitaire : reste sur des bouteilles décapsulées devant toi). Aucun code vestimentaire, sauf épaules et genoux couverts pour entrer dans une pagode.
Combien ça coûte quand tu es seule
Éco
25-40 €
Confort
60-100 €
Le surcoût quand on est seule tient à un seul poste : la chambre. Une double coûte presque le même prix qu'une simple, donc tu paies un lit sur deux dans le vide — compte 30 à 40 % de plus par nuit qu'une personne qui partage. Le reste s'équilibre bien : un bol de pho coûte le même prix pour une que pour quatre, trains et bus se paient à la place. Deux postes à surveiller quand même. Les excursions vendues au bateau, à la voiture ou au guide (baie d'Halong, Mékong, boucle de Ha Giang) : à deux on divise, seule on paie tout — les circuits en petit groupe existent partout et règlent le problème. Et les trajets courts : si tu ne conduis pas de scooter, tu les feras en Grab, ce qui ajoute quelques euros par jour.
Quand y aller
Le Vietnam fait plus de 1 600 km du nord au sud : il n'y a pas une saison, il y en a trois, et c'est la principale erreur de préparation. Nord (Hanoï, Sapa, baie d'Halong) : hiver frais et gris de décembre à février, entre 10 et 18 °C — il te faut une vraie veste, personne ne le dit et tout le monde arrive en tongs ; mars-avril agréable ; chaleur lourde et pluies de mai à août ; automne superbe en octobre-novembre, c'est la meilleure fenêtre. Centre (Da Nang, Hoi An, Hué) : sec et chaud de février à août, puis pluies de septembre à décembre avec le pic des typhons en octobre-novembre. Hoi An est régulièrement inondée à cette période, ce n'est pas anecdotique et ça peut coûter des jours de voyage. Sud (Hô Chi Minh-Ville, Mékong, Phu Quoc) : chaud toute l'année, sec de décembre à avril, mousson de mai à novembre — mais la mousson du sud, c'est une grosse averse en fin d'après-midi, pas une journée perdue. Si tu fais nord + centre + sud en un seul voyage, mars-avril est le meilleur compromis. Évite le Têt, le nouvel an lunaire (fin janvier ou février selon les années) : les commerces ferment plusieurs jours, les transports sont pleins, les prix montent, et seule tu risques de te retrouver dans une ville éteinte.
Se déplacer, et rentrer le soir
Aucun pass national ne vaut le coup. Le pays se traverse en avion (les vols intérieurs sont bon marché et t'évitent quinze heures de bus), en train — les couchettes de nuit sur la ligne Hanoï–Hué–Da Nang–Saïgon sont sûres et confortables, réserve un compartiment de 4 couchettes plutôt que de 6 — ou en bus couchette. Les applis indispensables : Grab (voitures, motos, livraison de repas : l'appli par défaut du pays), Xanh SM (taxis électriques, voitures bien tenues, un peu plus chères et très fiables) et Be. Toutes affichent le prix, le trajet et l'identité du chauffeur avant que tu montes — exactement ce dont tu as besoin seule. RENTRER LE SOIR : commande par appli, jamais en levant la main dans la rue. Les taxis à compteur trafiqué existent toujours ; si tu n'as pas le choix, ne monte que dans un Mai Linh (vert) ou un Vinasun (blanc), et regarde le logo de près, les imitations sont proches. Avant de monter dans une voiture commandée, compare la plaque à celle affichée dans l'appli. Un chauffeur qui t'annonce que ton hôtel « a fermé » ou « est complet » te ment pour te déposer chez son commissionnaire : demande simplement l'adresse que tu as donnée. En moto-taxi le soir, exige un casque, il est obligatoire. Une course urbaine coûte quelques euros : ce n'est pas là-dessus qu'il faut économiser. Si tu envisages de conduire un scooter : il te faut un permis national de catégorie A et un permis international modèle convention de Vienne 1968 — le modèle 1949 ne vaut rien au Vietnam, et sans les deux ton assurance ne couvrira pas l'accident.
Internet sur place
Une eSIM achetée avant de partir est le choix le plus reposant quand on voyage seule : tu atterris connectée et tu commandes ta voiture depuis le hall d'arrivée au lieu de chercher un comptoir avec tous tes sacs. Compte l'équivalent de 10 à 20 € pour 7 à 30 jours de data. Une SIM physique locale coûte nettement moins cher, de l'ordre de 60 000 à 200 000 dongs (2 à 7 €) pour un forfait touriste, mais elle doit obligatoirement être enregistrée avec ton passeport, sinon elle est coupée au bout de quelques jours : achète-la au comptoir officiel de l'opérateur, jamais à un vendeur de rue. Viettel a la meilleure couverture, y compris en montagne et sur les îles ; Vinaphone et Mobifone suffisent en ville. Garde toujours de la data active : c'est ce qui te permet d'appeler une voiture n'importe où, à n'importe quelle heure.
L'argent
Monnaie : le dong (VND). Les billets ont beaucoup de zéros et deux d'entre eux se ressemblent dangereusement — le 20 000 et le 500 000 sont tous les deux bleutés. Vérifie le billet que tu tends : c'est l'erreur la plus chère du voyage et certains vendeurs comptent dessus. Le pays reste très cash au quotidien (marchés, gargotes, moto-taxis, petits hôtels) ; hôtels de milieu de gamme, restaurants et supermarchés prennent la carte. Retire aux distributeurs des grandes banques (Vietcombank, BIDV, Techcombank, TPBank) plutôt qu'aux automates isolés des zones touristiques : les frais sont facturés par retrait, donc mieux vaut une grosse somme d'un coup que trois petites. Refuse toujours la conversion en euros proposée par le distributeur : le taux est mauvais, choisis d'être débitée en dongs. Le pourboire n'est pas une obligation culturelle ; arrondir suffit dans les restaurants touristiques et pour les guides. En revanche on négocie sur les marchés et pour une course de moto hors appli — jamais dans un magasin à prix affichés.
Santé et pharmacie
L'eau du robinet ne se boit pas : bouteilles ou gourde filtrante. La nourriture de rue n'est pas le problème qu'on imagine — va là où il y a du monde, où ça tourne vite et où la cuisson se fait devant toi. Le Quai d'Orsay recommande d'éviter crudités, coquillages et buffets froids. Vaccins : les vaccins français de base à jour (diphtérie-tétanos-polio, coqueluche, rougeole) et l'hépatite A selon la durée et les conditions du séjour ; selon l'itinéraire, hépatite B, typhoïde, rage et encéphalite japonaise se discutent en consultation de voyage — des cas humains d'encéphalite japonaise sont recensés dans les provinces du nord. Il n'y a plus de transmission de paludisme en zone urbaine, mais la dengue est présente et sans traitement curatif : le répulsif en journée (ce moustique-là pique le jour) est la seule protection qui marche. La rage est endémique : ne caresse aucun chien ni chat errant, et en cas de morsure ou de griffure, lave quinze minutes à l'eau et au savon puis consulte le jour même. Les pharmacies sont partout, bon marché, et beaucoup de médicaments s'obtiennent sans ordonnance. Ce qui ne se trouve pas facilement : les tampons — serviettes et protège-slips oui, partout, mais les tampons seulement dans les grands supermarchés des grandes villes, et les coupes menstruelles quasiment nulle part : emporte ton stock pour tout le séjour. Idem pour ta contraception habituelle. Les crèmes solaires locales contiennent presque toutes un agent éclaircissant. Les soutiens-gorge au-delà d'un bonnet B et les chaussures au-delà du 40 sont difficiles à trouver. Enfin, une assurance avec rapatriement n'est pas un luxe : le premier vrai risque sanitaire au Vietnam, c'est l'accident de scooter.
En cas de pépin
Police
113
Pompiers
114
Ambulance / urgences médicales
115
Service France Consulaire (depuis l'étranger, non urgent)
+33 1 57 53 53 53
Ambassade de France à Hanoï (57 Trần Hưng Đạo) et Consulat général à Hô Chi Minh-Ville (27 Nguyễn Thị Minh Khai). Ce qu'ils font : passeport perdu ou volé (laissez-passer pour rentrer), hospitalisation, agression, arrestation, prévenir ta famille, liste de médecins et d'avocats francophones. Ce qu'ils ne font pas : payer ton hôtel, ton billet ou tes frais médicaux, ni intervenir dans un dossier de visa vietnamien — c'est écrit noir sur blanc sur leur site. Belges, Suissesses et Canadiennes : vos ambassades sont aussi à Hanoï. Note le numéro de permanence de la tienne avant de partir : ça prend deux minutes et ça ne se cherche pas dans l'urgence. — https://vn.ambafrance.org/En-cas-d-urgence-ou-de-difficultes
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